VIH : un vaccin passe haut la main la première phase d’essai clinique

L’essai clinique de phase 1 d’un vaccin contre le VIH vient d’être passé avec succès en créant une réponse immunitaire chez 97% des participants à l’étude.
Une nouvelle encourageante vient d’être dévoilée concernant la lutte contre le VIH. En effet, des scientifiques américaines viennent de publier des résultats très positifs d’un essai clinique de phase 1 testant l’efficacité d’un vaccin contre le virus du sida.

Une avancée thérapeutique innovante pour optimiser le système immunitaire

Le professeur Julien van Grevenynghe de l’INRS, spécialiste en immunologie et virologie, et le doctorant Hamza Loucif. (Groupe CNW/Institut National de la recherche scientifique (INRS))

Poussée par le besoin d’améliorer les traitements conventionnels pour les personnes infectées par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH-1), une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) de Québec a mis au jour une voie thérapeutique pour rétablir l’efficacité de leurs cellules immunitaires. L’étude, menée par le doctorant Hamza Loucif et le professeur Julien van Grevenynghe, a été publiée dans la revue Autophagy.

https://inrs.ca/actualites/vih-une-avancee-therapeutique-innovante-pour-optimiser-le-systeme-immunitaire/

Vaccination COVID : Quid des PVVIH ?

Une question urgente se pose aujourd’hui concernant les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) : doivent-elles être prioritaires ?

‘Transversal’ fait le point

Évolution des comportements discriminants envers les personnes vivant avec le VIH

« Parmi 151 pays produisant un rapport, 92 continuent de criminaliser l’exposition au VIH, sa transmission et sa non-divulgation ; autant de violations graves des droits des personnes séropositives qui entravent les efforts pour contrôler l’épidémie de VIH.
Ces lois favorisent la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH et des plus exposées au risque de le contracter. Elles piétinent les connaissances scientifiques actuelles sur les risques et les dommages liés au VIH et nuisent à la santé publique.
Les dernières données obtenues au cours d’enquête de population révèlent un recul constant des comportements discriminants envers les personnes vivant avec le VIH dans certaines régions, mais un renforcement dans d’autres.
En Afrique orientale et australe, par exemple, les attitudes discriminantes ont atteint des niveaux historiquement bas dans certains pays. Ailleurs, cependant et de façon déconcertante, une grande proportion d’adultes continue d’adopter des attitudes discriminantes vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH.
Dans 25 pays sur 36 ayant produit des données récentes relatives à un indice combinant deux types d’attitudes discriminantes, plus de 50 % des personnes entre 15 ans et 49 ans ont déclaré adopter une attitude discriminante vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH. »

Les personnes porteuses du VIH peuvent-elles se faire vacciner du Covid sereinement ?

« Qu’elles soient rassurées, il n’y a, pour l’heure, aucune contre-indication à se faire vacciner.
Dans certains pays, les PPVIH seront même prioritaires par rapport à la population générale. Les Allemands porteurs du VIH pourront se faire vacciner après les personnes âgées et le personnel médical et avant la population générale, rapporte Openly. La vaccination leur sera proposée au même moment que les personnes de plus de 60 ans et les personnes qui sont atteint de facteurs de co-morbidité.
« Nous recommandons fortement la vaccination à toute personne qui vit avec le VIH », indique à la Thomson Reuters foundation Michael Brady, directeur médical du Terrence Higgins Trust. Au Royaume-Uni, une personne qui est à « haut risque » (CD4 inférieurs à 50, ou compris entre 50 et 200 avec un facteur de co-morbidité) peut recevoir le traitement préventif en priorité. Ces personnes représentent une (très) faible proportion des personnes porteuses du virus.
En France, les PPVIH ne sont pas particulièrement prioritaires et, sans autre facteurs, elles pourront se faire vacciner au début du printemps, lors de la troisième phase de la vaccination. « Peut-être que les PPVIH pourront se faire vacciner avant les autres Français, mais c’est – pour une raison administrative plus que médicale. Il n’y a pas de raison médicale de vacciner les PPVIH en bonne santé en premier. Les séropos ne sont ni plus ni moins exposés au Covid que le reste de la population », indique à TÊTU Michel Ohayon, fondateur du 190, un centre médical dédié aux problématiques des personnes LGBT+.
« En revanche, certains patients qui ont une longue histoire avec le VIH ont parfois du diabète ou des maladies inflammatoires, facteurs de co-morbidité, en raison des premiers traitements doivent se faire vacciner », ajoute-t-il. De son côté, Aides planche actuellement sur les études scientifiques pour définir ses recommandations.
Matthew Hodson, directeur exécutif du Aidsmap indique que le vaccin Pfizer/BioNTech et celui d’Oxford ont été testé sur des personnes qui vivent avec le VIH.
« Jusqu’à présent, rien n’indique que les personnes qui vivent avec le VIH réagissent différemment au vaccin Covid que les autres », pointe-t-il. « Personnellement, je vis avec le VIH depuis 22 ans et je me ferai vacciner sans hésitation ».
« Bien entendu, dès que cela sera possible, je me ferai vacciner contre la Covid-19. Parce que je sais, chaque jour, depuis 24 ans, ce qu’il en coûte de ne pas avoir eu de vaccin contre le VIH », a écrit sur Twitter Florence Thune, la directrice générale de Sidaction.
« Aucun des vaccins en cours d’utilisation ou en cours d’examen en Europe n’utilise de souche vivante atténuée comme mécanisme de création d’anticorps, ce sont ces cellules qui pourraient potentiellement causer des problèmes aux personnes vivant avec le VIH. Pour les PPVIH, les vaccins Covid offrent les mêmes avantages qu’aux autres : empêcher de développer une forme sévère de la maladie et potentiellement de réduire la transmission du SARS-CoV2″, explique Peter Godfrey, conseiller scientifique d’Unaids. »

https://tetu.com/2020/12/30/les-personnes-porteuses-du-vih-peuvent-elles-se-faire-vacciner-du-covid-sereinement/?fbclid=IwAR1X-MaP86nE7bkhM532dCorSktYB_UY0xDAItU4zIjV8dlv1ilRLMiaVno

L’association Ikambere propose un nouvel outil baptisé « Réponses pour elles, questions de santé sexuelle »

L’association ‘Ikambere’ propose un nouvel outil baptisé « Réponses pour elles, questions de santé sexuelle » chargé d’accroître l’autonomie, les capacités et le pouvoir d’agir des femmes originaires d’Afrique subsaharienne. Réalisé en collaboration avec le Crips Ile-de-France, il est constitué de message de prévention en prenant en compte les codes culturels et le niveau de connaissance de ces femmes.

https://www.lecrips-idf.net/ressources/documents/2/9372,crips-reponsespourelles_web.pdf?fbclid=IwAR2xFzqQgQ4Ic6HeHmcGLguCAJfd_muPa-TxAHLUdzjAIwo5KqYMsvApEgg

 

Écoute Santé-Covid par Sida Info Service

Ecoute Santé-Covid 0 800 156 156, un dispositif géré par Sida Info Service.

Spécialiste de l’aide à distance en santé depuis plus de 30 ans SIS répond aux appels de personnes en situation de questionnement ou de détresse suite à la pandémie de COVID-19.

Mesures du gouvernement dans la lutte contre le VIH

L’information du Ministère des Solidarités et de la Santé à l’occasion du 1er décembre, sur les actions concrètes qui ont été menées :

- Expérimenter à partir du 1er décembre 4 centres de santé sexuelle
Le Kiosque Info Sida Toxicomanie à Paris, ainsi que 3 autres centres situés à Lyon (Le Griffon), à Marseille (Le Spot Longchamp) et à Montpellier (Le Spot) vont développer une offre en santé sexuelle basée et un accès facilité au dépistage et au traitement, afin de toucher en priorité les personnes les plus exposées au VIH, aux hépatites virales et aux IST, et éloignées du soin conventionnel.
L’expérimentation de ces Centres de Santé Sexuelle dits d’Approche Communautaire (CSSAC) s’appuie sur de nouveaux modes d’organisations, inspirés de la réussite du modèle anglo-saxon.
La nouveauté de cette approche consiste à offrir des parcours basés sur le principe du « Tester et Traiter », c’est-à-dire un dépistage et un traitement si nécessaire, dans un seul lieu et dans un temps court.
Les centres proposeront également la possibilité de prescription et de suivi de traitement pré-exposition et post-exposition, une vaccination contre les hépatites A et B et le papillomavirus selon les recommandations du calendrier vaccinal et une offre de consultations spécialisées selon les besoins des consultants (addictologie, gynécologie, psychologie, sexologie, assistance sociale).
C’est une innovation en matière d’approche de la santé sexuelle qui doit permettre de réduire le nombre de personnes ignorant leur séropositivité, et donc les nouvelles contaminations.

- Diversifier et renforcer l’accès pour toutes et tous au dépistage en élargissant ces compétences à de nouveaux professionnels de santé
Connaître son statut sérologique doit rester l’objectif majeur de notre politique de santé publique. Chacune et chacun d’entre nous doit prendre conscience que se faire dépister, c’est aussi accéder au traitement le plus précocement possible, c’est gagner du temps, c’est préserver sa santé et celle des autres, c’est vivre pleinement sa vie sexuelle et affective.
Pour cela, l’accès au dépistage des IST sera renforcé en permettant aux infirmiers et aux sages-femmes de pouvoir les prescrire dans le cadre d’un protocole de coopération avec les médecins.
Cette évolution va être déployée dans le cadre de protocoles de coopération dès qu’ils seront validées par la Haute Autorité de Santé au premier semestre 2021.

- Promouvoir les traitements comme outils de prévention, faciliter leur accès et leur appropriation
L’effet préventif des traitements anti rétroviraux est encore trop peu connu.
S’agissant de la « prophylaxie pré-exposition au VIH », plus simplement appelée PrEP, la France a fait figure de pionnière. Elle a en effet été le premier pays européen à autoriser la PrEP et à la prendre en charge financièrement à 100 %.
Il y a un peu plus de 30 000 personnes sous PrEP en France en juin 2020. Cependant, les chiffres récents montrent un infléchissement de la dynamique de diffusion de la PrEP du fait de la crise sanitaire.
L’utilisation de la PrEP s’inscrit pleinement dans une stratégie de prévention diversifiée. Cependant, elle reste encore trop peu accessible, et les professionnels comme les acteurs de terrains mettent en avant les freins à son accès, notamment liés à la nécessité d’une première prescription en secteur hospitalier.
Ces modalités de prescription doivent donc évoluer pour que tous les médecins, en ville comme à l’hôpital, puissent prescrire et initier la PrEP. C’est l’assurance d’un maillage territorial efficace, d’une plus grande diffusion auprès des professionnels de santé d’une approche en santé sexuelle globale.
Pour cela, le Conseil d’État a été saisi d’un projet de décret permettant la primo-prescription de la PrEP par les médecins de ville, et qui devrait la rendre effective dès le début d’année 2021.

- Accompagner mieux les plus fragiles en développant des appartements de coordination thérapeutique intervenant sur le lieu de vie de la personne
Les appartements de coordination thérapeutiques (ACT) accompagnent aujourd’hui pour leur santé, leurs démarches et leur parcours d’insertion, des personnes souffrant de maladies chroniques dont le VIH et présentant une situation de fragilité sociale et psychologique nécessitant un suivi médical.
Cet accompagnement médical et psycho social s’exerce aujourd’hui exclusivement au sein d’un hébergement temporaire proposé par l’ACT.
Dans le cadre du Ségur de la santé, pour promouvoir la lutte contre les inégalités de santé, 10 millions d’euros ont été réservés pour renforcer la place des ACT dans l’accompagnement des personnes malades les plus vulnérables, en leur permettant de développer leur accompagnement sur le lieu de vie de la personne, quel qu’il soit.
Cette démarche d’« aller vers » doit permettre de renforcer l’accès aux soins et à un accompagnement global pour les personnes les plus éloignées du système de santé.

Journée mondiale de lutte contre le sida

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, France inter fait le point dans son l’émission « le téléphone sonne », présentée par Fabienne Sintes.

Dans ce contexte sanitaire très spécial, la Covid-19 n’est pas la seule épidémie contre laquelle nous devons lutter et la situation actuelle ralentit les progrès de la lutte contre le Sida. Où en est-on ? Pour en parler : Florence Thune, directrice générale de Sidaction et Constance Delaugerre, professeure de virologie à l’hôpital Saint Louis à Paris :

https://podcasts.google.com/feed/aHR0cHM6Ly9yYWRpb2ZyYW5jZS1wb2RjYXN0Lm5ldC9wb2RjYXN0MDkvcnNzXzExMTc2LnhtbA?sa=X&ved=0CAMQ4aUDahcKEwjQs_C78a7tAhUAAAAAHQAAAAAQAg

Conseil national du sida: : soutenir la prévention et la prise en charge du VIH en temps de crise sanitaire

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le VIH, le Conseil national du sida et des hépatites virales alerte sur les principaux défis à relever pour restaurer une réponse à l’épidémie de VIH à la hauteur des enjeux.

La crise sanitaire a durablement affecté l’offre de dépistage et de prévention

L’activité des structures de dépistage du VIH et des IST a fortement diminué durant le premier confinement et ne s’est que partiellement redressée par la suite. Environ 650 000 sérologies du VIH de moins qu’attendu ont été réalisées dans les laboratoires de ville entre mars et septembre.* L’accès aux CeGIDD et les actions de dépistage par tests rapides (TROD), assurées par les associations, ont été massivement impactés par le confinement, sans que l’envoi à domicile d’autotests ait pu compenser l’interruption.

Cette diminution du dépistage retarde l’accès aux traitements antirétroviraux : elle entraine donc une perte de chances thérapeutiques et favorise de nouvelles transmissions du VIH.

La prévention du VIH, des hépatites et des IST a également été gravement affectée. Ainsi le nombre d’instaurations de PrEP a chuté de moitié pendant le confinement. La reprise insuffisante observée dans la période de déconfinement casse la dynamique de déploiement de ce nouvel outil.*

La crise sanitaire aggrave la situation des populations les plus exposées

Outre leur risque majoré de contracter la COVID-19, les populations les plus précaires sont aussi particulièrement exposées au risque d’infection par le VIH.

Les usagers de drogues, en particulier, ont été exposés à des risques infectieux majorés pendant le premier confinement. La dégradation des conditions de vie des plus précaires d’entre eux dans l’accès à un hébergement, à l’eau et à l’hygiène corporelle a renforcé les risques encourus par ceux qui ont recours à l’injection dans l’espace public. Le contrôle des déplacements a limité l’accès de certains usagers aux structures susceptibles de leur délivrer du matériel ou des traitements.

Plus généralement, la crise sanitaire a compliqué la prise en charge de populations exposées. L’accès aux services d’accompagnement de populations migrantes ou de personnes prostituées est restreint voir suspendu. L’offre d’hébergement adapté pour les jeunes LGBT exposés au risque de violence intrafamiliale est saturée. L’accès aux services de santé et aux droits pour les populations les plus précaires dans des territoires sous dotés, comme en Guyane et à Mayotte, présente de réelles insuffisances.

Les opérateurs intervenant auprès des populations exposées doivent être davantage soutenus, il en va de la responsabilité des pouvoirs publics

Depuis le début de la pandémie, les professionnels et bénévoles intervenant auprès des populations vulnérables ont largement contribué à garantir la continuité des services. Cette mobilisation a notamment consisté à apporter une écoute aux difficultés des personnes, à répondre aux situations d’urgence en matière de sécurité alimentaire et d’hébergement, à accompagner des démarches administratives. Elle s’est avérée essentielle pour assurer l’accompagnement des personnes les plus à risque et éviter les ruptures de traitement des PVVIH. Elle a néanmoins entrainé l’épuisement de certains intervenants et posé des difficultés de soutenabilité financière aux structures.

Des actions et des dispositifs innovants ont été mis en place par les différents acteurs pour répondre à la situation de crise. Ceux-ci doivent sans délai bénéficier d’un soutien à la hauteur des besoins. En lien avec l’ensemble des parties prenantes, et en particulier les publics concernés et les acteurs de santé communautaire, il est en outre nécessaire d’engager dès à présent une réflexion qui permettrait, à partir de l’expérience des derniers mois, d’anticiper les mesures à prendre en situation de crise sanitaire pour garantir à l’avenir la continuité de la prise en charge.

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